Je sais qu'on est pas sur un forum politique, et que ce topic n'a que peu d'intérêt ici... mais j'aurais bien voulu partager mes pensées avec vous...
J'ai écrit ce texte ce matin après avoir lu une nième news sur le sujet sur les différents quotidiens... J'étais un peu excédé par la situation, et j'avais envie de mettre sur papier ce que j'avais en tête...
voila... si ça n'a pas sa place ici, guillaume tu me fais signe et je vire... sinon, ben bonne lecture
Je ne sais pas si vous suivez un peu l'actualité à Madagascar, mais la situation me parait tellement désolante que j'ai eu envie de donner mon modeste point de vue sur le sujet. Tout ce qui est écrit ici n'est qu'une inteprétation personnelle de ce que je lis sur différents médias, qu'ils soient français ou malgaches.
Les deux protagonistes du conflit actuel ne sont ni blancs, ni noirs (enfin si... mais là n'est pas la question

), mais au final, c'est la population qui souffre de ce conflit qui dure...
Il y'a d'un côté le président actuel, Marc Ravalomanana, richissime homme d'affaire Malgache, et propriétaire du groupe Tiko, la plus grande industrie du pays. Après avoir été maire de la capitale pendant quelques années, et accompli de grandes choses dans la ville, il s'est présenté en 2001/2002 contre l'ancien président, considéré par beaucoup comme un dictateur (aujourd'hui réfugié en France au passage...) et a gagné des élections après 6 mois de grèves et paralysie du pays car les votes ont été contestés par le président sortant.
Depuis son accession au pouvoir, le président Ravalomanana a réellement mis en place une politique placée sous le signe du développement. Son plan "Madagascar 2015" a pour but de lutter contre la pauvreté et a déja permis de belles évolutions, notamment sur l'amélioration des infrastructures routières, la santé, la scolarisation des enfants, le développement de l'économie, etc. Même moi qui étais passé à madagascar en 2003 (juste après son accession au pouvoir), puis en 2007, j'ai pu voir l'évolution dans le pays: les routes étaient enfin praticables, les enfants croisés avaient tous un cartable, etc. De nombreuses zones franches ont été créées, les investissements étrangers ont énormément progressé, et Madagascar est passé du 147ème rang en 2002, 143ème en 2006 dans le classement PNUD. Cela peut sembler faible, mais je pense que cela révèle une réelle dynamique de développement, soutenue par les instances internationales.
Malheureusement, Ravalomanana est soupçonné d'avoir profité de son pouvoir pour s'enrichir personnellement. Les liens entre son groupe Tiko, et le pouvoir en place sont en effet troublants. Certains exemples sont assez frappants: la société qui construit les routes à Madagascar appartient au groupe Tiko, les supermarchés appartiennent au groupe Tiko, les principales sociétés de transport (notamment des ordures) appartiennent à Tiko, l'acquisition d'un avion présidentiel appelé "Air Force One 2" par le président, sur un budget "personnel" pose également des questions...
D'autres facteurs viennent aggraver cette perception négative du pouvoir en place: le président aurait la fâcheuse tendance à "couper toutes les têtes qui dépassent", et sous pretexte que l'ancien régime était considéré comme "dictatorial", toute intervention publique d'un proche du pouvoir précédent est interdite. C'est ainsi qu'une radio "appartenant" à l'opposition a été fermée par le président pour avoir diffusé une interview de l'ancien président... Pas très démocratique, tout ça...
Enfin, "la goutte d'eau" qui a fait déborder le vase (ou en tout cas, dans la chronologie des évènements, celle qui a exaspéré une certaine partie de la population), c'est le fait que le président a voulu céder d'immenses terres à un groupe Coréen. Or la "terre des ancêtres" est "sacrée" pour les malgaches. Il aurait certainement fallu jouer plus fin et travailler plus la communication et la pédagogie autour de ce projet qui semblait pourtant intéressant d'un point de vue du développement du pays.
De l'autre côté, on retrouve Andry Rajoelina, surnommé "TGV" par ses partisants. Ancien DJ puis chef d'entreprise, l'homme de 34 ans est arrivé à la mairie de la capitale il y'a environ 1 an. Parmis ses qualités, on retrouve le caractère fonceur du jeune maire. Il est aussi charismatique, et galvaude les foules lors de ses discours.
Cependant depuis qu'il est maire, peu de choses ont semble t'il réellement changé dans la capitale. Certains projets de centre commerciaux ont bien été proposés au début, mais ont rapidement été abandonnés. D'autres projets avaient été préparés, certains auraient eu un impact direct sur les population, comme une reflexion de fond sur les réseau d'eau potable et d'assainissement, ou d'autres sur le traitement des ordures ménagères. Mais ces projets aussi ont été mis de côté, alors que tout semblait pourtant prêt.
Bref, 1 an après son accession à la mairie de la capitale, les malgaches n'ont que peu d'exemples concrêts des capacités réelles du jeune maire à diriger une ville.
Au lieu de travailler sur des sujets qui préoccupent réellement la population, le jeune Andry s'est en effet mis en tête de représenter l'opposition aux excès d'autorité du président. Il a souhaité également dénoncer le fait que le développement économique de Madagascar ne profite pas à la population, mais juste à une frange "riche" du pays. Il a ainsi organisé des manifestations contre le régime actuel, en dénonçant ses dérives. Autant on peut être d'accord sur le fond et l'origine du mécontentement, autant, sur la forme, il y'a de quoi être dubitatif... Au lieu de s'en tenir aux principes démocratiques, il a en effet préféré tenter un coup d'état et s'auto-proclamer chef de la "Haute Autorité de Transition". Ainsi, dénoncer les excès d'autorité du régime actuel, et tenter de prendre le pouvoir par la force ne lui a pas semblé contradictoire.
Je ne reviendrai pas sur la chronologie précise de la crise qui secoue le pays actuellement. De même, je ne sais pas où elle mènera. Le point de non retour a déja été atteint et dépassé depuis longtemps. Je pensais naïvement que le régime actuel était suffisamment mûr pour gérer le début de la crise, mais force est de constater qu'il y'a un fossé entre la manière de faire de la politique en occident, et celle qui est faite à Madagascar.
Aujourd'hui, le pouvoir actuel, pourtant porteur de nombreux projets, et ayant la confiance des investisseurs internationaux est sur le point de céder. Heureusement que le sort du pays ne dépend pas uniquement des deux protagonistes du conflit actuel, mais également de la population. Je dis heureusement, car la population malgache est bien différente des autres. Elle porte en elle cette "sagesse malgache" qui fait que ce conflit n'est pas encore une guerre civile, et je l'espère ne le sera jamais. Dans d'autres pays, et potentiellement en Afrique, un tel conflit entre deux dirigeants politiques aurait depuis longtemps basculé dans un bain de sang généralisé. Mais à Madagascar, la plupart des 135 morts dénombrés depuis le début du conflit sont des pilleurs qui ont été pris à leur propre piège.
Bref, je souhaite et j'espère que cette population va se ressaisir, et qu'on lui donnera l'occasion de se prononcer pour un projet d'avenir pour le pays, porteur de développement et d'espoir, car les dirigeants actuels ont semble t'il depuis quelque temps perdu leur sens des responsabilités et du devoir envers leurs concitoyens...
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Retour à la dure réalité de la vie... http://www.aplccorp.com/mongolie2009/